Les Assises du Numériques en MP3
C'était aujourd'hui le lancement des Assises du Numériques
Vous pouvez retrouver les 3 premiers ateliers en format MP3 sur le site des Catalyseurs Numériques.
C'était assez amusant de voir que les 2 premiers ateliers ont été animés par des députés PS, très connus pour leur active participation pendant la DADVSI. Les petites pics n'ont pas manqué (Patrick Bloche est très fort là dessus).
Etrange par contre de voir que les éditeurs, les consommateurs et les start-up n'étaient pas invités à la tribune pour s'exprimer. Dommage, ça fait beaucoup d'absents.
Mon avis sur le discours d'Eric Besson sur le sujet des contenus (voir le discours ci-dessous)
1- Sur les contenus, je note qu'Eric Besson remet les Sofica au goût du jour pour les jeux vidéos. Dommage qu'il n'en parle pas pour la musique (voir à ce titre les billets de Philippe Astor ici et là). Néanmoins, contrairement à Philippe Astor, je pense que les Sofica Musique devraient aider au financement de la promotion (plutôt que de la production) puisque nous sommes dans une pénurie de demande plus que d'offre...
2- Eric Besson propose d'étendre les abonnements forfaitaires... là cela reste une proposition mystérieuse.. parle-t-il des offres de triple play? et donc uniquement des opérateurs? ou bien des modèles de forfait entre partenaires type Alice/EMI? ou des pures player type Napster? Quant à la mise en place d'un répertoire national des œuvres protégées, librement alimenté par les ayants droits, c'est une excellente idée... sauf le "librement alimenté". Souviens-toi lecteur, en 2004 la SPPF avait souhaité créer une base de données de morceaux numérisés mais ça n'a jamais marché. Il faudrait au contraire mettre toutes les œuvres dans cette base de données et ensuite voir au cas par cas qui ne veut pas y être; un petit pied de nez au droit exclusif des producteurs mais ouf, une bouffée d'air pour les exploitants et l'émergence de services innovants. Est-ce que cette base n'existe pas déjà naturellement sur DailyMotion ou les réseaux P2P? hum hum...
3- Enfin, le Conseil National du Numérique ressemble beaucoup au médiateur de l'industrie du cinéma. C'est une solution assez souple entre une régulation parfois rigide et trop lente et la pure économie de marché qui entraîne des déséquilibre dans les rapports de force économiques surtout pour l'accès du marché aux nouveaux entrants. Excellent. Il faudra quand même voir qui compose le CNN afin que ce ne soit pas un organe de lobby des producteurs.
Le discours d'Eric Besson sur les contenus (sinon l'écouter ici)
"Il s'agit d'apporter à tous les Français les nouveaux contenus numériques: musique, films, télévision, jeu vidéo, presse en ligne, blogs, web 2.0. Le numérique représente en effet une révolution de l'économie du savoir équivalent à celle de l'imprimerie. La répartition de la valeur ajoutée est bouleversée au profit de nouveaux acteurs. La répartition des responsabilités aussi.
Les nouveaux contenus méritent d'être mieux pris en compte dans les politiques publiques de soutien à la création. C'est le cas des nouveaux formats diffusés sur les téléphones mobiles ou sur les sites de partage de vidéo par exemple. C'est le cas aussi du jeu vidéo. Son marché mondial dépasse désormais celui du cinéma, avec une croissance annuelle supérieure à 20%. Or nos politiques ne soutien ne s'intéressent pas assez à ces nouveaux formats. D'où l'importance du décret instituant le crédit d'impôt en faveur de l'industrie du jeu, qui est sur le point d'être publié, si ce n'est déjà fait. Je souhaite aussi que nous étudiions la possibilité d'élargir au jeu vidéo le régime des SOFICA.
L'économie numérique fait naître de nouveaux modèles et il faut accompagner ce mouvement. Il s'agit par exemple de favoriser les coopérations entre les acteurs de l'internet et les ayants droits de la musique, de l'audiovisuel ou du sport. Il s'agit aussi de réfléchir à l'extension et à l'enrichissement des abonnements forfaitaires afin qu'ils donnent accès à des offres plus riches qu'aujourd'hui. Afin de favoriser l'émergence de ces nouveaux modèles, je rencontre actuellement les principaux opérateurs et les ayants droits. Parmi les propositions que nous vous soumettons, figure celle de créer un répertoire national des œuvres protégées, librement alimenté par les ayants droits, qui pourrait servir de base au partenariat avec les acteurs de l'internet.
Mais si internet recèle de formidables opportunités pour la création, la production, et la diffusion de l'ensemble des œuvres de l'esprit et de l'information, il recèle aussi des risques. Ma mission - notre mission, car elle concerne plusieurs membres du gouvernement - est donc, aussi, de lutter contre les contenus illicites. Internet doit être un lieu de liberté, mais d'une liberté régulée. Face à l'évolution rapide et permanente des risques et des technologies, il serait illusoire de continuer à créer une nouvelle commission, chaque fois que nous rencontrons une nouvelle question touchant à la régulation, qu'il s'agisse de la protection de l'enfance, de la lutte contre la cybercriminalité ou les spam, de la protection des données personnelles...
Nous avons au contraire besoin d'une enceinte globale de concertation, un "Conseil National du Numérique", associant l'ensemble des acteurs de l'internet. Ce Conseil assurerait deux missions essentielles. D'une part, à travers une instance très large de concertation avec l'ensemble des acteurs, il élaborerait les codes de bonne conduite. D'autre part, avec une instance au format plus réduit, présidée par un haut magistrat, il assurerait le suivi de ces engagements et le règlement des litiges"
















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