En octobre 2003, Michel Gensollen de l’ENST Paris, EGSH (Département Economie, Gestion, Sciences Sociales & Humaines) publie un document intitulé : « Biens informationnels et communautés médiatées ».
On y apprend que La mise en valeur des biens informationnels peut se faire selon plusieurs modèles :
1. tout d'abord, en refusant la numérisation et en maintenant une relation indissociable entre l'information et son support physique : on reste, alors, dans une économique d'objets physiques ou de fichiers verrouillés de façon à ne pouvoir être dupliqués ; toutefois, refuser la duplication, c'est refuser aussi les gains de productivité que permet la numérisation ; c'est, aussi, opposer les producteurs-éditeurs aux consommateurs et, dans une certaine mesure, aux auteurs ; c'est, enfin, placer l'acte de consommation de biens culturels dans un environnement de soupçon, de poursuites et de pénalisation peu compatible avec l'hédonisme et la créativité qui lui sont liés ;
2. en déplaçant la valeur des biens culturels vers des produits dérivés ; un film peut déjà aujourd'hui tirer une part importante de ses recettes (i) de la vente d'images, analogues à des marques (par exemple, Mickey) et (ii) de la déclinaison de ses personnages ou de son scénario sur d'autres supports, comme des jeux vidéo ; une telle stratégie exige, dans bien des cas, que les règles du copyright soient étendues ;
3. en réduisant directement le caractère collectif des biens informationnels : lorsqu'un bien ne présente une forte utilité que pour un petit nombre de consommateurs, sa duplication est moins à redouter par l'éditeur ; un bien informationnel adapté, "customisé", n'a pas besoin des mêmes protections qu'un bien préparé pour un marché de masse ; toutefois, dans le cas d'un bien précisément adapté, les coûts fixes devront s'amortir sur des clientèles peu nombreuses : ceci limite une telle solution à des biens de luxe ; d'où la tendance, déjà vue, à séparer la production en deux phases : d'une part l'élaboration d'un schéma informationnel général qui peut s'amortir sur de larges clientèles et d'autre part une phase d'adaptation de ces schémas, phase où se crée la valeur de marché ;
4. en faisant porter la valeur moins sur le bien lui-même que sur les services de repérage de biens adaptés à une demande particulière ; le déplacement de la valeur de l'information à la méta-information est une façon particulière de réduire le caractère collectif des biens informationnels, puisque la méta-information pertinente est propre à chaque individu ; ainsi, même si une œuvre est librement duplicable, elle prendra sa valeur à partir des procédures qui permettent d'attirer l'attention des consommateurs à qui elle est plus spécifiquement susceptible de plaire ; aujourd'hui, un service comme Musicmatch fonctionne selon ce type de modèle économique en établissant des bundles successifs de mieux en mieux adaptés à chaque consommateur.
Sur le troisième point développé par Michel Gensollen, une société belge vient d’apporter une réponse au marché : Trust Média
Si nous partons du principe que la copie n’a plus qu’une valeur marginale, Internet permet quelque chose qui n’était pas possible avant : la distribution d’interprétations originales et uniques. Si nous prenons l’exemple des variations chromatiques sur (entre autre) la photo de Marilyn Monroe, Andy Warhol nous démontre qu’il est possible de créer un grand nombre de pièces différentes à partir d’une même œuvre. C’est ce que fait Trust Media avec la musique. Cette société propose aux artistes de garder ou de créer différentes possibilités durant le processus créatif. Par la suite, le public est capable de choisir et combiner ces variations afin d’obtenir une interprétation personnelle et unique de l’œuvre.
Ex. La société a fait le lancement avec le groupe anglais Prodigy . Le 28 Juin 2004, ils ont proposé 5 000 versions différentes d’un extrait de leur nouvel album (qui n’était pas encore sorti à l’époque). Résultat : 300 000 demandes à l’ouverture et les 5 000 versions parties en quelques heures. Pas de DRM, mais plutôt les meilleurs formats dans leurs catégories : mp3, wav/pcm et DTS 5.1. L’interface flash, qui se compose des éléments simplifiés en boucle, a été créée par le français Marc Em. Chaque pochette était aussi unique. Trust Media est en contacts avec d’autres artistes connus et moins connus. Le groupe Airlock est actuellement en ligne. 3 600 versions uniques.
Enfin une réponse économique innovante et pertinente…






Sylvie,
Beau blog déja, tres clair, et bien fini.
La vocation d'un blog etant de s'enrichir par apport interne ou externe, je pense qu'il prendra de la dimension avec le temps.
N'hesites pas à le diffuser car le contenu est pertinent.
Bravo !
Tom
Rédigé par: Tom | 05/11/2004 at 21:40
tous les textes de Michel Gensollen sur son site
http://www.gensollen.net
Rédigé par: Jérôme Perani | 19/12/2004 at 12:04